Prendre une décision

Peut-être vous êtes-vous déjà dit « Je dois prendre une décision et je ne sais pas quoi faire » ou encore « Rationnellement, tout me pousse vers cette décision, mais je ne la sens pas ». Un autre exemple : « Au fond, je sais bien que cette décision est la bonne pour moi, pourtant je ne m’y résous pas ».

 

Ces incertitudes face à notre capacité à prendre des décisions peuvent être nombreuses et prendre plusieurs formes. Il se peut que les enjeux personnels ou professionnels soient importants, que la situation soit complexe ou encore que les différentes options auxquelles vous avez pensées soient séduisantes ou à l’inverse totalement effrayantes. Ceci étant, je connais des personnes dont le simple choix d’un menu est un véritable casse tête ! Peu importe le niveau décisionnel, dès lors que notre état interne est trop intense, prendre une décision s’avère difficile.

Ces ambiguïtés viennent parfois nous titiller, peut-être même nous secouer jusqu’à nous sentir désorientés, comme si nous n’étions plus tout à fait raccords à nous-mêmes. Les plus clairvoyants avoueront qu’une peur les fait douter de leur choix, jusqu'à épisodiquement voir totalement les paralyser. Peut-être pas pour le menu, quoique...

 

Identifier la peur et la comprendre

 

Nous y voilà. La peur de nous tromper, de faire un mauvais choix, de prendre un risque mal mesuré. La peur de l’échec. Que se passe t-il en nous ?

 

Comme la colère, la tristesse ou la joie, la peur est une émotion fonctionnelle. Son rôle est de nous protéger d’un danger réel. Elle nous pousse à être prudent, à faire attention et à nous mettre en position d’agir face à une situation. Sans peur, nous serions inconscients et ne pourrions probablement pas survivre.

 

Il existe cependant une autre forme de peur, dysfonctionnelle, reliée à des appréhensions imaginaires et non fondées, en lien direct avec la satisfaction de nos besoins psychologiques. Si j’exprime un désaccord par exemple parce que je ne partage pas le même point de vue que les autres, serais-je moins aimé de mes coéquipiers ? Si je partage un doute sur un projet, va t-on considérer que je ne suis pas à la hauteur de la mission que l’on me confie et que je ne suis pas bon ?

 

Nos perceptions deviennent alors plus complexes car notre impression, nos croyances et en grande partie notre stress influent considérablement sur notre capacité à prendre des décisions.

 

L’éclairage des neurosciences sur nos décisions

 

Les études sur le cerveau ont révélé que 90% de notre activité cérébrale échappait à notre conscience. Nous pensons faire des choix et prendre des décisions en toute rationalité, il semblerait qu’il en soit autrement.

« Les émotions sont indissociables à la pensée, tant pour prendre des décisions sages que, tout simplement, pour réfléchir de façon claire » décrit Daniel Goleman, docteur en psychologie et enseignant à Harvard, dans son livre best seller « L’intelligence émotionnelle ».

Les travaux très importants d’Antonio Damasio, neurologue à la faculté de médecine de l’Université de l’Iowa, ont montré par ailleurs que les sentiments sont indispensables aux décisions rationnelles et qu’ils nous orientent dans la bonne direction. Dans ce cas, ce sont les mêmes régions cérébrales qui sont activées.

 

Des expériences menées par Benjamin Libet, neuroscientifique, avec des sujets placés dans des IRM dans les années 1970 et poursuivies par d’autres chercheurs, ont démontré également que, l’amygdale, cette région du cerveau impliquée dans les réactions émotionnelles, s’activait lorsque le sujet prenait des décisions et ce, avant même la décision consciente. Comme si notre cerveau validait une option alors que nous n’en n’avons pas encore conscience (et ce, jusqu’à 7 secondes !). Nombreux sont ceux qui se posent de ce fait et encore aujourd’hui la question de notre libre arbitre

 

L’influence de notre profil de communication sur nos décisions

 

Nous exprimons nos comportements, nos mécanismes de pensée, nos émotions et même nos valeurs au travers de notre langage verbal et non verbal. En cela, notre profil de communication indique notre style de communication et nos traits relationnels dominants.

 

Nous développons ainsi un vocabulaire et des structures verbales qui nous sont propres. Les recherches ont montré que cette façon de communiquer permettait de satisfaire nos besoins psychologiques.

 

Le modèle ComProfiles® développé par le Professeur Robert Weisz sur lequel j’ai habitude de m’appuyer se fonde sur quatre catégories de besoins :

  • Affection : contact, partage, appartenance…
  • Attention : stimulation, disponibilité, jeu…
  • Confirmation : méthodes, cadre, savoir…
  • Considération : valorisation, respect, cohérence…

 

La prédominance de certains besoins psychologiques s’exprime dans les qualités que nous mettons en œuvre pour gérer les situations de notre quotidien. Elle apparaît de façon plus marquée lorsque nous sommes soumis à des stress importants. Aussi, lorsque nous devons prendre une décision, notre profil de communication peut nous éclairer sur notre façon d’analyser, appréhender et tendre ou non vers une décision.

 

  • Les personnes qui ont tendance à exprimer un langage dominant Affection/Relationnel (Profil R) seront capables d’être très à l’écoute de leur ressenti et de leurs émotions avant de prendre une décision. Leur intuition sera comme un guide et elles devront se sentir totalement en accord avec elle-même pour acter une décision. Si le stress menace, elles auront tendance à être dans la peur, ressentir des formes d’anxiété et d’angoisse face à une décision, pouvant aller jusqu’à trop dramatiser une situation. Dans ce cas, elles préfèreront un statut quo à la décision.

 

  • Les personnes qui ont tendance à exprimer un langage dominant Attention/Idées (Profil I) seront très à l’aise dans leur capacité à explorer tous les possibles d’une décision et elles le feront avec beaucoup d’enthousiasme et de créativité. Ceci étant, faire un choix est difficile et elles auront tendance à reporter une décision jusqu’à la dernière minute, à hésiter, car les champs sont tellement vastes que décider signifie quelque part réduire le périmètre d’action et de liberté. En situation de stress, l’agitation intellectuelle pourrait prendre le dessus sur les priorités et le temps, choisir deviendrait quasiment impossible.

 

  • Les personnes qui ont tendance à exprimer un langage dominant Confirmation/Structure (Profil S) auront tendance à analyser la situation de façon rationnelle, en mesurer les avantages, les inconvénients ainsi que les conséquences. Pragmatisme et réalisme avant tout. Elles ne prendront d’ailleurs pas de « décision » car celle-ci comporte une part d’intuition, elles feront un choix documenté qui reposera sur des règles et des critères logiques. Un stress important, une situation inattendue, non programmée pourrait paralyser toute prise de décision et projection dans l’avenir.

 

  • Les personnes qui ont tendance à exprimer un langage dominant Considération/Valeurs (Profil V) aimeront prendre des positions fortes et des décisions rapides basées sur une bonne intuition, leur système de valeurs et leurs croyances selon un critère majeur : quelle est la priorité ? Qu’est-ce qui est le plus important ? En situation de stress, le risque pour elles serait de décider trop vite, de ne pas écouter leur environnement, ni être en capacité d’accepter leurs erreurs ou de se remettre en question.

 

Quels conseils pour prendre une décision ?

 

  • La priorité serait de ne pas prendre de décision à la hâte si vous êtes en état de stress, si vous sentez que vous ne disposez pas de toutes les ressources nécessaires pour faire face à une situation. Si votre état interne est trop agité et que vous ne vous sentez pas aligné et en totale conscience de vous même, attendez et recentrez-vous.
  • A l’inverse, prendre l’option qui sera la meilleure pour vous signifie qu’il est préférable d’être à l’écoute de soi-même et de son être intérieur. Etre en état de croissance et disposer de toutes les ressources dont on a besoin pour décider. Suivre son intuition, ses valeurs et se raccorder à son énergie interne, celle qui motive et pousse à aller de l’avant.
  • Introduisons un peu de rationalité. Il serait en effet intéressant de mesurer les avantages, les inconvénients et les impacts de la décision, envisager les menaces et les opportunités que représenterait votre situation.
  • Mettre en perspective et prendre de la hauteur sur le contexte comme si vous étiez un observateur neutre qui regardait la scène de plus haut, plus loin. Que se passe t-il ?
  • Identifier si besoin un(e) ami(e) de confiance, un modèle qui vous inspire, stimule votre énergie positive et demandez-vous ce qu’il ferait-il à votre place.

 

Quoiqu’il en soit, nous devrions intégrer que la prise de décision revêt un caractère incertain. Nous ne pouvons pas être surs de nos choix, ni mesurer totalement l’impact de nos actes sur nous et notre environnement. Et si l’on considérait que l’échec ou l’erreur est une question de perception, que se passerait-il ? Nelson Mandela déclarait ainsi « Je ne perds jamais. Soit je gagne. Soit j’apprends ».

 

Lorsque les peurs sont maîtrisées et le niveau de stress réduit, l'expression d'un sentiment de légèreté et de sérénité est perçue par ceux qui ont pris leur décision. A l'unanimité. Peut-être pas si difficile que cela finalement 😉

 

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